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Le cannatourisme

Le cannatourisme

Avec la légalisation et la décriminalisation qui gagne du terrain aux quatre coins du globe, pas étonnant que les entrepreneurs de l’industrie du tourisme voient dans ce nouveau marché prospère la promesse d’une occasion en or. Un secteur florissant qui en est encore à ses premiers balbutiements, mais qui semble rapidement mener à de nouvelles opportunités en termes de services et d’hospitalité. Petit tour d’horizon pour découvrir les initiatives qui émergent et abordent le cannatourisme avec davantage de prestige, de respect et de notoriété.

LOGER CHEZ L’HABITANT

Fortement inspiré d’Airbnb, le concept des « Bud and Breakfast » semble de loin le plus prospère à l’heure actuelle. Visant à mettre en relation cannatouristes et hôtes au même état d’esprit, de nombreuses propriétés privées sont mises à disposition pour des séjours allant d’un weekend à plusieurs semaines. Suffit de faire un tour sur le site de l’entreprise afin de découvrir l’étendue proposée : des villas en bord de mer d’Uruguay aux chalets rustiques d’Alaska, tous les goûts et types d’aventures sont comblées - là où il est bien évidemment légal de consommer. Certains vont jusqu’à mettre à disposition pipes, vaporisateurs, papiers à rouler, infusions ou comestibles maison, vous évitant même d’avoir à rendre visite au dispensaire du coin. Pour ce qui est de sa plus populaire contrepartie, Airbnb n’a aucune politique officielle quant au cannabis, dû au fait qu’elle opère à l’International dans des zones où les lois sur le cannabis varient largement. Impossible donc d’affiner sa recherche à l’aide d’un filtre ‘cannabis friendly’, ce qui n’empêche pas pour autant certains hôtes d’afficher ouvertement leurs allégeances. Google s’aura vous y guider si cette option vous intéresse.

Malgré les nombreux débats que soulèvent ce type de location, cette alternative sert dans ce cas-ci de réponse parfaite aux lois strictes mises en place en ce qui attrait à l'utilisation publique. Il existe en effet une sorte de zone grise dans laquelle les touristes n’ont nulle part où profiter de l’herbe qu’ils peuvent pourtant se procurer en toute simplicité. Ceci est d’autant plus vrai que de nombreux hôtels commerciaux interdisent le cannabis au sein de leurs murs, rendant la consommation des voyageurs dans un cadre juridique presque impossible. À ce sujet, le Nativ Hotel avait d’une part entièrement bâti sa stratégie marketing autour de son statut cannabis friendly - s’autoproclamant le premier hôtel du genre -, positionnement sur lequel il a rapidement été forcé de revenir, à la surprise de nombreux visiteurs d’ailleurs.

D’autres ont pourtant réussi à sortir leur épine du jeu en profitant du flou législatif entourant les résidences privées, l’exemple le plus notoire étant celui de l’entreprise Bud+Breakfast, véritable chef de file en termes d’hospitalité cannabique. Bien que la terminologie soit la même, le concept fait ici référence aux traditionnelles chambres d’hôtes - séjour chez l’habitant avec déjeuner et autres prestations compris -, à la seule différence qu’il est possible d’y consommer du cannabis dans les aires communes. En émane un aspect cérémoniel autour du ganja permettant de réunir des gens de divers horizons : le réveil se fait sous la thématique « Wake & Bake » et une collation gastronomique est prévu pour 4:20, pour autant que les clients disposent de quoi s’y adonner. Outre L’Adagio et le Silverthorne de Denver, les propriétaires ont également ouvert CannaCamp, un domaine de la campagne coloradienne où la même philosophie se voit agrémentée de diverses activités de plein air. Ceux-ci ne cachent d’ailleurs pas leur intérêt pour les marchés québécois et canadiens et il sera intéressant de voir la position que prendront les gouvernements provinciaux à ce sujet.

 

UNE MYRIADE D’ANIMATIONS

Outre l’hébergement, les forfaits de voyage à thématique cannabis semblent également gagner peu à peu en reconnaissance. L’offre varie d’une entreprise à l’autre en allant des visites de dispensaires et producteurs afin d’en apprendre davantage sur les méthodes et procédés de cultivation aux cours de cuisine pour préparer ses comestibles, randonnées en montagnes, ateliers d’art, de yoga ou visites culturelles de tout genre. La plupart proposent un service d'accueil à l’aéroport et les déplacements en autocars sont l’occasion pour les participants de savourer pleinement et en toute légalité leurs variétés favorites.

Si ceux-ci sont majoritairement présents dans les états américains ayant dernièrement permis la consommation récréative de cannabis - notons entre autres Colorado Cannabis Tours, Kush Tourism, The Travel Joint et My420tours - le Canada n’est pas en reste et quelques acteurs se préparent d’arrache pied à accueillir la légalisation future. C’est le cas de Canada Kush Tours, Canada420tours et Mtl420 qui ont pour mission d’offrir une gamme de produits touristiques variés permettant de fumer ou d'expérimenter dans un contexte légal et sécuritaire.

Et puisque tout semble possible, American Green - l’une des plus importantes firmes cotées en bourse sur le marché du cannabis - a récemment acheté une ville fantôme pour en faire un centre de villégiature dédié au ganja. Le but ? Faire du petit bourg de Nipton, situé dans une zone reculée du désert de Mojave en Californie et près de la frontière du Nevada, une destination phare du tourisme cannabique. Folie ou idée de génie... reste à voir ce qu’il en sera une fois le projet mis en place.

BIEN S’INFORMER

Qu’importe la destination, il n’en reste pas moins qu’il vaut mieux faire quelques lectures avant de préparer ses bagages et partir à l’aventure pour ainsi éviter toutes mauvaises surprises : l’acceptation sociale, la consommation en public et les quantités légales à posséder varient comme vous le savez sans doute d’un endroit à l’autre. À Barcelone par exemple - qualifié à tord par plusieurs de « New Amsterdam » en raison de la prolifération des clubs de cannabis -, la presque totalité d’entre-eux nécessitent d’être membre pour y accéder, impossible donc de se joindre à la fête sans préavis. Pour répondre à la demande grandissante, l’entreprise Cannabis Barcelona permet d’y voir un peu plus clair et d’entrer en relation avec certains d’entre-eux avant son arrivée dans la région catalane.

Quoi qu’il en soit, les comestibles, vaporisateurs et topiques restent encore une fois des modes de consommation plus subtils que la combustion et peuvent dès lors constituer des alternatives intéressantes pour s’y adonner en toute discrétion. Évitez néanmoins de contrevenir à la loi afin d’éviter que vos vacances ne se transforment en véritable cauchemar.

Force nous est donc d’admettre que ce type de tourisme est désormais entré dans une nouvelle ère et, des essentielles aux plus luxueuses, des offres se développent tout autant d’un côté du spectre que de l’autre. Un excellent signe pour l’industrie puisque contrairement à la croyance populaire, les utilisateurs du cannabis sont multiples et proviennent de divers profils socio-économiques. Le Canada a donc tout à gagner à se démarquer de ses concurrents internationaux puisque cette industrie continuera de prospérer tant et aussi longtemps que la prohibition existera ailleurs dans le monde, une ouverture d’esprit qui pourrait par le fait même avoir l’avantage de stimuler ses économies locales.