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Rêves et cannabis

Rêves et cannabis

Vous le savez sans doute, les cannabinoïdes jouent un rôle important sur les cycles du sommeil et présentent plusieurs effets bénéfiques tels une facilitation d’endormissement, une meilleure continuité du sommeil, des nuits plus réparatrices ainsi qu’une plus grande vigilance au réveil. Pour dormir en toute quiétude, une variété Indica ou hybride à dominance Indica consommée à dose modérée avant d’aller au lit saura vous faire tomber dans les bras de Morphée et profiter pleinement des propriétés relaxantes et sédatives de la plante.  

Néanmoins, plusieurs rapportent que la consommation de cannabis affecte leur capacité à rêver - suffit de faire une rapide recherche Google pour trouver nombre de témoignages à ce sujet -, aspect corroboré par quelques études suggérant que la substance agit comme inhibiteur sur les songes. Si les mécanismes par lesquels la plante influence nos états de somnolence sont extrêmement complexes et encore loin d’être parfaitement compris, sommeil et hygiène de vie vont de pair et c’est pourquoi nous vous proposons de s’y pencher question d’y voir un peu plus clair. Petit conseil avant de débuter, placez un calepin sur votre table de chevet pour tenir un journal de vos rêves : les rédiger vous aidera à stimuler votre mémoire onirique et ainsi mieux comprendre cette voix parfois mystérieuse de votre inconscient.

UN MODE CYCLIQUE 

Chaque nuit, nous progressons au travers de quatre à six cycles de sommeil successifs d’une durée d’environ 90 minutes chacun et constitués de deux phases différenciées par la variation de l’activité cérébrale, du mouvement oculaire et de la tension musculaire qui s’y produit. Le tout débute par les différents stades d’ondes lentes où le corps s’isole sensoriellement et relâche de façon progressive les réponses corporelles, passant de l’état d’éveil au sommeil superficiel jusqu’au sommeil profond. Ce dernier stade se révèle le plus important pour l’organisme en ce qu’il permet une récupération physique et énergétique tout en favorisant la régénération des tissus.

La seconde phase se nomme sommeil paradoxal - ou REM de l’abréviation anglaise « Rapid Eye Movement » - et est associée à l’apprentissage des concepts, au renforcement des souvenirs et à la réorganisation neuronale. Vous l’aurez compris, le mouvement oculaire s’accélère lorsque celle-ci survient, dû en partie aux ondes cérébrales qui se rapprochent de celles observées pendant l’état d’éveil, à la seule différence que les stimulations proviennent de l’esprit plutôt que de nos sens. L’activité onirique surviendra en majeure partie pendant cette phase, bien qu’il soit possible qu’elle se fraye occasionnellement un chemin lors des premières phases non-REM. Seule une disruption de ce cycle vous amènera à vous remémorer vos rêves, d’où l’importance de les noter rapidement quand cela survient.

LES EFFETS DE LA PLANTE SUR LES RÊVES

Qu’en est-il alors lorsque nous consommons du cannabis ? Il est généralement admis par la communauté scientifique et la population générale qu’une utilisation régulière, même si responsable - à savoir une conscience de la fréquence et des quantités consommées tout en restant attentif aux répercussions sur sa santé globale -, aurait pour cause d’entraîner une augmentation du sommeil profond contre une diminution du sommeil paradoxal, altérant du même coup notre capacité à rêver. La littérature sur la question reste néanmoins encore faible, la plupart remontant aux années 1970 et 1980 avec des échantillonnages qui manquent souvent de rigueur. Sans compter une étude largement citée de 2008 abordant les effets des drogues récréatives illicites sur le sommeil, mais qui traite le ganja au même titre que la cocaïne et l’ecstasy. En somme, ces affirmations peuvent nous sembler prématurées à la lumière des preuves disponibles.

Les travaux plus récents tendent justement à vouloir questionner ces résultats, c’est le cas notamment de ceux menés par l’Institut de médecine du sommeil Henry Ford avec à sa tête le Dr Timothy Roehrs. Dans une étude contrôlée avec placebo dont on fait mention dans un article du NY Mag, celui-ci a observé les variations du sommeil suite à la consommation de cannabis : l’état de repos des participants - tous consommateurs réguliers - a été enregistré et comparé avec les données d’un groupe de contrôle du même âge ne faisant pas usage de substances psychotropes. Pour ce faire, ces premiers se sont administrés une dose comprenant 3% de THC deux fois par jour en alternant quotidiennement avec un placebo à 0,4% d’agents actifs.

Bien que l’étude n’ait pas encore été officiellement publiée, les résultats jusqu’à présent partagés démontrent qu’il n’y a aucune variation quant à la quantité de sommeil paradoxal chez les patients, indépendamment de la quantité de THC consommée : autant sous l’effet du cannabis que du placebo, les chiffres sont comparables à ceux du groupe de contrôle. Une différence est néanmoins notable en ce qui attrait à la qualité de l’état d’endormissement puisque les participants ont dormi en moyenne 80% des huit heures passées au lit après avoir consommé le placebo, pourcentage symptomatique d’un état d’insomnie selon Roehrs et inférieur à celui obtenu chez les mêmes sujets lors des nuits suivant la consommation de THC. Cet aspect pourrait expliquer en lui-même l’effet rebond généralement associé à d’intenses expériences oniriques à la suite d’un arrêt dans son usage de la plante : le sommeil étant plus léger, les consommateurs seraient plus facilement perturbables lors de leur phase REM et par le fait même plus enclin à se réveiller. A l’extrême opposé, dormir au travers son sommeil paradoxal réduirait les souvenirs que l’on s’en faits, suggérant que la consommation de cannabis pourrait ne pas directement altérer nos capacités à rêver.

VERS DES RÊVES PLUS LUCIDES ?

Encore une fois, il est important de se rappeler que les symptômes peuvent différer d’un individu à un autre, d’autant plus qu’en ce qui concerne les rêves, ceux-ci restent inaccessibles à certains qu’il y ait présence ou non de psychotropes. Mais comme pour toute chose, il est possible d’éveiller ses facultés et, tel que mentionné précédemment, ceux s’y intéressant devraient rigoureusement noter leurs expériences nocturnes. Et plus que tout, favorisez une consommation modérée qui vous permettra de profiter des bienfaits de la plante sans vous plonger dans un état léthargique autant de jour que de nuit. A cet effet, allez voir notre article sur le microdosage qui vous permettra d’en apprendre davantage sur cette méthode de consommation.

Somme toute, la connaissance du sujet semble pour l’instant subjective et mériterait que l’on s’y attarde davantage. Certains voient même dans le cannabis un outil qui permettrait de faciliter l’exploration des rêves lucides - pendant lesquels le rêveur a pleinement conscience de son état altéré - puisque tous deux viennent stimuler le lobe frontal du cerveau. Les hypothèses sont pour ainsi dire diamétralement opposées, preuve comme quoi les pistes d’analyse restent encore multiples. Et avec la légalisation qui frappe à nos portes, en comprendre les effets nous semble plus que jamais primordial afin d’accompagner la population de façon éclairée dans une consommation à la fois responsable et bénéfique.