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Sativa vs Indica

Sativa vs Indica

Il est communément accepté qu'il existe deux grandes familles de cannabis provoquant des effets bien distincts : une Sativa vous donnera un sentiment édifiant et énergétique alors que vous irez avec une Indica pour ses caractéristiques relaxantes et sédatives. Quoi qu’il en soit, votre expérience vous a sans doute fait remarquer que cette classification n'est pas toujours exacte et une variété identifiée comme telle peut parfois créer les effets contraires à ce qui est attendu d’elle. Cela n’a en fait rien d’étonnant puisque nous découvrons aujourd’hui par le biais de la recherche et des nouvelles technologies scientifiques que les notions sur lesquelles le système actuel se base est tout à fait erronées. Explication.

UNE QUESTION DE MORPHOLOGIE

Comme tout organisme vivant, le cannabis a dû évoluer pour s’adapter à son environnement et la différence entre Indica et Sativa serait avant tout physique : les premières sont historiquement plus courtes et trapues leur permettant de survivre dans des climats secs et arides alors que la plus forte humidité des régions équatoriales aurait entraînée le développement des secondes au feuillage fin et élancé.

Selon le Dr. Jeffrey Raber, pionnier dans les tests de laboratoire de cannabis médical, ces termes devraient véritablement n’être réservés qu'aux producteurs, éleveurs et scientifiques qui souhaitent articuler les profils ou besoins de croissance, l'origine des espèces, les temps de floraison ou la lignée génétique de chaque plant. Ce qui veut aussi dire que les attributs extérieurs n’ont aucun pouvoir pour prédire le type de sensation que vous obtiendrez. Sans oublier qu’environ 95% des plantes actuelles sont le résultat d’une longue hybridation causée par des décennies de croisement et de mutations génétiques intentionnelles. Autant dire qu’il existe très peu de souches pures, mais plutôt des milliers de variations différentes - ce qui ne fait que contribuer à la confusion générale.

LA SOURCE DES EFFETS

Tout se résumerait donc à la composition chimique et c’est vers celle-ci que nous devrions nous tourner pour prédire les multiples effets que peut avoir une fleur en fonction de sa souche. Au risque de se répéter, il existe des centaines de substances chimiques actives - cannabinoïdes et terpènes pour ne nommer que celles-ci - qui viennent altérer votre corps et votre esprit. Leurs présences à degrés variables détermineront l’expérience globale individuelle, qui peut encore une fois fluctuer en fonction de votre physiologie, biochimie, humeur ou génétique. 

Revenons aux terpènes, puisqu’il existe de plus en plus d’évidences comme quoi ils auraient un rôle important à jouer dans la psychoactivité du cannabis. Déjà largement utilisés en aromathérapie, ils se retrouvent dans une grande partie de la vie végétale et sont responsables de l’odeur et du goût que l’on associe à certaines variétés. L’ampleur des propriétés médicinales de ces composants ouvre des possibilités insoupçonnées dans le développement des recherches scientifiques sur le cannabis, et à mesure que les études avancent, on découvre la complexité des fonctions qu’ils peuvent avoir sur l’organisme.

Le myrcène par exemple, commun à plusieurs souches de ganja et que l’on retrouve entre autre dans le houblon, la mangue, la feuille de laurier et la citronnelle, est connu pour avoir des propriétés anti-inflammatoires, anti-bactériennes et analgésiques. D’autres, comme le limonène présent dans l’écorce d’agrumes et diverses fleurs, serait anti-fongique, anti-bactérien et agirait comme anti-cancérigène en aidant à prévenir la croissance des tumeurs. Plus d’une centaine de terpènes ont été identifiés dans le cannabis et il en existe en fait beaucoup plus si l’on considère les multiples variations qu’ils peuvent avoir.

Ces substances chimiques naturelles travaillent donc en synergie avec les cannabinoïdes et contribuent à compléter, renforcer ou altérer leurs répercussions, interaction connue sous le nom d’« effet d’entourage ». Ce qui explique que certaines variétés contenant des ratios identiques de THC et de CBD peuvent entraîner des bénéfices complètement différents. À cet effet, des chercheurs affirment à présent qu’une analyse en laboratoire des terpènes nous permettrait en quelque sorte de détecter l’empreinte digitale de chaque souche et d’en prédire les applications. Pertinent, d’autant plus que l’on sait que deux plants de la même variété peuvent mener à différents profils terpéniques en fonction de leurs âges, mais également du climat, du sol et des engrais utilisés - ce qui est également vrai pour les cannabinoïdes. Une étude co-dirigée par Jonathan Page, président et CEO d’Anandia Labs, et en collaboration avec plusieurs chercheurs Canadiens a d’ailleurs révélé qu’il existe des différences notables au sein d’une même variété d’origines diverses : 6 fois sur 17, les échantillons présentaient des profils génétiques davantage similaire à certains vendus sous une autre appellation. Pas simple pour le consommateur d’y voir clair, on vous l’accorde.

UNE NOUVELLE NOMENCLATURE

La réalité est donc beaucoup plus nuancée que ce que laisse présager les apparences actuelles, raison en partie pour laquelle la distinction Indica versus Sativa est omniprésente en ce qu’elle offre une délimitation facile à une situation beaucoup plus complexe. En ce sens, nous aurions tout à gagner à s’éloigner de cette classification binaire pour favoriser une approche basée sur des tests de laboratoire systématiques. Un changement inévitablement nécessaire selon nous afin d’évoluer vers une compréhension plus cohérente des effets psychologiques et physiques du cannabis et ainsi guider le consommateur vers un choix plus éclairé.